Conférence de kader attia | musée d'art moderne de paris

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_ _19h30 Durée 1h30 * __ Publics Adultes * __ Heures Le : Jeudi 14 juin 2012 de 19h30 à 21h00 © Marie-Claire Saille Il y a donc des pays sans lieu, et des histoires sans chronologie; des


cités, des planètes, des continents, des univers, dont il serait bien impossible de relever la trace sur aucune carte, ni dans aucun ciel, tout simplement parce qu'ils


n'appartiennent à aucun espace. Sans doute ces cités, ces continents, ces planètes, sont-ils nés comme on dit dans la tête des hommes, ou à vrai dire, dans l'interstice de leurs


mots, dans l'épaisseur de leurs récits, ou encore dans le lieu sans lieu de leurs rêves, dans le vide de leur cœur : bref, c'est la douceur des utopies. En tout cas, il y a une


chose certaine, c'est que le corps humain est l'acteur principal de toutes les utopies. Après tout, une des plus vieilles utopies que les hommes se sont racontées à eux-mêmes,


n'est-ce pas le rêve de corps immenses, démesurés, qui dévoreraient l'espace et maîtriseraient le monde ? C'est la vieille utopie des géants, qu'on trouve au cœur de tant


de légendes, en Europe, en Afrique, en Océanie, en Asie ; cette vieille légende qui a si longtemps nourri l'imagination occidentale, de Prométhée à Gulliver." (Le Corps utopique)


Voici deux exemples de la pensée de Michel Foucault, qui n'inspira pas seulement le titre de l'exposition de Kader Attia "Construire, déconstruire, reconstruire : le corps


utopique", mais la possibilité pour l'artiste d'envisager une autre république que celle du corps déterminé dès la naissance par un contexte socioculturel (de


l'architecture au musée d'art moderne, au corps humain à documenta). Le corps, dernier bastion de résistance de l'âge classique à la modernité."